Démarche artistique
La performance comme recherche de cocréation entre les artistes, le public, et le milieu
Les performances cherchent à créer un cadre d’expériences partagées transformatrices, voire de cocréation, entre les artistes, le public et le milieu où elles se tiennent.
Dans cette perspective, les performances visent à permettre au public d’être acteur de sa propre expérience sensible, et poétique, dans la contemplation, l’immersion, voire la participation.
Pour cela, les performances cherchent à ouvrir au public des espaces de perception, de liens, avec les artistes et avec les paysages en jeu. Elles tendent également, à lui laisser l’espace d’un élan possible, d’une mise en mouvement, interne, voire externe.
Il s’agit par là de se décaler de nos identités fixes pour recontacter notre potentiel de reconnaissance, et de transformations individuelles et collectives, de manière écocentrée.
Enfin, la pratique de l’improvisation, création dans l’instant prenant en compte chaque contexte, soutient cette dimension de cocréation. Celle-ci est présente dans l’ensemble des performances, y compris dans les pièces qui font l’objet d’une partition chorégraphique.
Crédit photo : Amélie Cénet
Performer le paysage, vers une communauté du vivant
Ici le paysage est considéré au sens large, comme un milieu dont l’homme fait partie. Il peut être plus ou moins marqué par la présence humaine et son action, et considéré à différentes échelles (urbain, établissements […] / espaces de balade, voire zones moins accessibles ou protégées de la présence de l’homme […]).
Le travail chorégraphique du paysage vient interroger le rapport singulier que chacun peut avoir avec un milieu à travers une expérience sensible, subjective et dynamique.
Au fil des projets, les artistes explorent et se laissent toucher par les différents contextes. Par là, ils éclairent, réinventent leurs paysages intérieurs et transforment les contextes par leurs gestes.
L’intention envers le public, est de lui offrir un éclairage nouveau, sensible, lui donnant accès à ses propres liens aux paysages présents, inscrits, rêvés, internes, externes, pour qu’il puisse à son tour les reconnaître, et de ce fait, les remettre en jeu.
La recherche chorégraphique s’adresse à l’homme dans sa présence et ses influences, mais travaille ainsi à son décentrement. En effet, il s’agit de reconnaître, voire de transformer les liens que nous avons avec le paysage et avec ses différents acteurs (humains et non humains, visibles et invisibles). La pratique et la performance dans des espaces “naturels” soutiennent particulièrement cette dimension.
“La chute du monde vivant en dehors du champ d’attention collective et politique, en dehors du champ de l’important, c’est là l’événement inaugural de la crise de la sensibilité. […]
Réagir à l’extinction de l’expérience, à la crise de la sensibilité, c’est enrichir la gamme de ce que, envers la multiplicité des vivants, on peut sentir, comprendre et tisser comme relation.”
Baptiste Morizot – page 21, Manières d’être vivant, essai Babel 2022
Développer l’accès au processus de création et à l’œuvre
Dans sa recherche de liens entre différents acteurs d’une communauté du vivant, la Cie est attachée à cultiver des espaces de pratique, de création et de transformation, pour différents publics et dans différents champs de la société. Ceux-ci s’appuient sur les pratiques somatiques, d’improvisation et de performance de la Cie.
Par ailleurs, tout le long des processus de création, la Cie rencontre différents publics sur des durées et formats divers, allant de la sensibilisation à la participation. Les publics rencontrés y sont considérés dans leur potentiel de création et de transformation.
Enfin, la Cie performe dans des contextes divers, et dans différents champs de la société. Ainsi, elle soutient la réinvention des liens entre les publics, les artistes, et les créations performatives dans une dynamique de cocréation du vivant.
Le processus comme création
La Cie considère la création tout le long de son processus.
Comme il se fonde sur une pratique “somatique”, le processus de création peut nécessiter du temps.
Ce temps est particulièrement précieux pour ouvrir à de nouvelles collaborations artistiques, et pour permettre la rencontre avec différents publics.
Chaque pièce, chaque impromptu, chaque rencontre, pratique, participe de la création chorégraphique.